SNS 095 – PIERRE ROBERT GRAHAM

Ce canot tout temps est en poste à la station SNSM du Croisic.
Construit en 1999 par le chantier Sibiril de Carantec.

Coque : polyester
Longueur hors-tout : 15,50 m
Longueur de coque :  /
Largeur : 5,40 m
Moteur : 2 x 400 cv
 

Canot PIERRE ROBERT GRAHAM, de passage (août 2003) dans le bassin plaisance à La Turballe, au ponton de bateaux de pêche.

En attendant sa traduction, voici un court récit de la vie de Pierre Robert GRAHAM.


Information Provided by Diane Lyn Cooper, 
A Proud And  Loving Daughter
Pierre Robert Graham was born August 10, 1922 at St. Nazaire, France, a port on the coast of Brittany.  His father, William H. Graham was from Connecticut, with roots in West Virginia.  He met and married Jeanne Marie Augereau of St. Nazaire while serving in the US Navy during WWI.  Pierre’s father died in 1940, shortly before a planned trip together (their first) back to the United States.  Pierre went alone.  He was admitted to the brand new Merchant Marine Academy in Kingsport, New York.  After graduating, he served in the US Navy from 1943 through 1946, with the rank of Lieutenant.  His active duty during WWII was in the Pacific.
After the war he married Lorraine Shurman, a German émigré, whom he had met on the ship on his voyage from France to the US.  After the war, using his GI Bill benefits, he received his Master Degree from the University of Chicago, working in the Chicago Stockyards to suport his family.
He sat for and passed the US Foreign Service Examinations, joined the US State Department in 1949.  Mr. Graham became an Economic Officer in Tangier, Morocco 1951-54, Political Officer in Beirut, Lebanon 1954-57, and Paris 1957-58, Deputy Principal Officer in Dakar, Senegal 1958-1961, Personnel Officer Dept. of State, Washington, DC 1962-64, and Deputy Chief of Mission in Conakry, Guinea 1964-66, in 1966, he was detailed to the National War College.  From 1969 through 1973, he was US Representative to UNESCO in Paris.  He was Charge D’Affaires in Amman, Jordan 1973-74.  He was Ambassador to Upper Volta from 1974 until his retirement in 1978.
He spent his retirement years at his beloved Mas de la Prade, Maureillas, near Ceret, France, at the foot of the Pyrenees close to the border between France and Spain.  He lived there happily with his wife, Dr. Helgard Planken Graham until his death on April 24, 1988.  He is survived by his three daughters, Diane Lyn Cooper, Katherine Joan Graham, and Patricia Ann Reed, seven grandchildren in the US and a sister, two nephews and their 3 daughters in France.
In 1926, US Veterans provided funds for and built a memorial to the WWI US Veterans, designed by Whitney and which stood in the water off the beach in St. Nazaire.  The monument was blown up in 1941 by the Germans the day after Pearl Harbor, when Germany declared war on the United States.  Mr. Graham was asked by the Committee in his native St. Nazaire to undertake the reconstruction of the American Memorial.  His father, William H. Graham had supervised the construction of the original memorial.  Mr. Graham died before the completion of the reconstruction of the memorial and the committee decided to donate the additional funds for the construction and maintenance of a “Canot de Sauvetage” (a rescue boat) which bears the name of Pierre Robert Graham.
On May 22, 1999, his three daughters traveled to St. Nazaire, France to participate in the Baptism of the canot de sauvetage.  The boat is birthed in Le Croisic, a small resort and fishing port adjacent to St. Nazaire.  On your next visit to France, please stop in St. Nazaire to see the American Memorial.  It is a fine tribute to our US military, take a small side trip to the charming port of Le Croisic and see the “Pierre Robert Graham”, which has saved many lives.  If you can, visit the village of St. James in Brittany, not far from the Mont St. Michel, the American Cemetery there is an overwhelming and emotional sight.
Updated: 21 August 2001 Updated: 14 June 2003 Updated: 28 May 2006

Débord de Loire – La parade vers Nantes

Tous les bateaux sont là, face à Saint-Nazaire, faisant route vers le pont. Progressivement, les bateaux visiteurs nous laissent.
Seuls, les bateaux inscrits à la parade en flottille se retrouvent dans le chenal.
Le soleil semble vouloir nous accompagner pour toute cette fin d’après midi.
Il est pratiquement 17h, c’est parti pour 4h30 de navigation vers Nantes.

Le thonier BICHE, avec le BELEM et L’HERMIONE, embouquent le chenal de Loire pour passer sous le pont de Saint-Nazaire.

Voilà le récit de cette superbe parade, tout en images pour vous faire partager la beauté des bateaux que nous avons accompagnés.

Dans la flottille, de nombreux bateaux du patrimoine, anciens ou répliques récentes. Mais également le plus récent de voiliers de course : le dernier né de la classe Figaro : le Figaro 3 , construit d’ailleurs à Nantes début 2019, et dont la course sera lancée dans une semaine de Nantes et Saint-Nazaire.

C’est le Figaro 3 de Sébastien MARSSET qui prendra part à la flottille jusqu’à Nantes.

Autour de nous, de beaux bateaux, connus ou non, appartenant à des particuliers ou gérés par des associations, comme le JOSHUA.
Un plaisir de le voir sur l’eau à nos côtés.

Aux abords de la raffinerie de Donges, JOSHUA sous voile.
Navire mythique Bernard MOITESSIER, construit en 1962, avec lequel il participa à la première course autour du monde en solitaire sans escale en 1968.
OTAHA
Quel est ce bateau ?

A DEBORD DE LOIRE, il n’y a pas uniquement des bateau à voile ou des bateaux classés … il y a également les bateaux de travail, qui rythment l’activité nautique sur le Loire, comme nous l’avons vu avec le remorqueur “Le Croisic”.

Ici, nous voyons le pousseur “VAL D’ARMOR” de la Compagnie Ligérienne de Transport.
Devant elle, la barge ou ponton “Jules Verne” , capable de transporter 860 tonnes.

NAGA LEE – Carol Ketch, grand frère du TAHITI KETCH.

Celui-ci n’est pas inscrit à la parade de DEBORD DE LOIRE 2019 … mais tout habitué à la navigation dans l’embouchure de la Loire reconnait bien ces formes : navire gazier de transport de méthane.

Reprenons notre sujet …
Pour rejoindre la tête de la parade nous poussons un peu le moteur, et doublons quelques beaux navires.


Sous le soleil, superbe, le GRAND NORWEN trace sa route dans la flottille.
Bateau du patrimoine de la ville de Piriac-sur-Mer, réplique d’un sloup sardinier.
Clic sur la photo pour admirer le GRAND NORWEN.
JEANNE J, la chaloupe pontée de la Baie de Bourgneuf, avance toutes voiles dehors.
Elle fait partie de la flottille de l’association noirmoutrine “La Chaloupe”, en copropriété avec des particuliers.
Superbe petit voilier à corne. Qui peut l’identifier ? (contactez-moi)
MARTROGER III, second représentant des voiliers du patrimoine de Noirmoutier avec la chaloupe JEANNE J.
Dundee baliseur, rattaché au service des phares et balises (PB sur la voile).
A partir de Cordemais, dès qu’une partie des rives de Loire est praticable, c’est une file ininterrompue de spectateurs qui admirent le passage de la flottille.
Ici, sur le site des bacs de Loire à Couéron.
Voiles au vent, la flottille s’étire sur plusieurs centaines de mètres.
En tête, L’HERMIONE, suivie du BELEM.
Un spectacle qui défile à 4 noeuds, sous les yeux des spectateurs amassés sur les berges.

Lors de la parade,au passage de L’HERMIONE devant chaque bourg bordant la Loire, la frégate tire une série de coups de canons par babord ou tribord, suivant le côté faisant face au village.
Depuis le pont de Saint-Nazaire, Paimboeuf sera le premier, puis Cordemais, Le Pellerin, Couëron, La Montagne, Indre et enfin Nantes.
Plus ou moins distants de L’HERMIONE en tête de parade, nous n’aurons pas eu le loisir de vivre réellement ces détonations impressionnantes.
Cela fait partie des belle choses de la journée dont aurons pu profiter les spectateurs amassés sur les berges de la Loire.

Dans la flottille, parmi les grosses unités :

Le Saint-Michel 2, réplique du second bateau de Jules Verne, construit pas l’association La Cale 2 l’île, à Nantes.
Superbe sous voile en arrivant au Pellerin.
MARIE FERNAND, Cotre pilote du Havre.
Le SAINT-MICHEL 2 et BICHE
Clic sur la photo pour zoomer.

Comme vu plus haut, DEBORD DE LOIRE n’est pas une fête des bateaux du patrimoine, anciens. C’est avant tout le mise en avant de tous les bateaux ayant une activité ou un lien avec notre fleuve la Loire.

En photo ci-dessous, LA COURONNE IV, est le bateau pilote des pilotes de Loire.
La particularité des pilotes de Loire est d’avoir ce navire jouant le rôle de base avancée, au large de l’estuaire de la Loire. Il permet des rotations plus courtes pour déposer et récupérer les pilotes à bord des navires en mouvement en Loire.

Ce bateau à doublement sa place à DEBORD DE LOIRE, car MARIE FERNAND est également un navire pilote (du Havre de 1894 à 1917) et le Saint-Michel 2 est un voilier de plaisance construit sur les plan des pilotes du Havre (par Abel Le Marchand, tout comme MARIE FERNAND).
Par la suite, vendu par Jules Verne à Nantes, il sera utilisé comme pilote de Loire de 1878 à 1892. Il a donc été un prédécesseur à LA COURONNEE IV.

LA COURONNE IV, bateau pilote des pilotes de Loire.
MARIE FERNAND & LA COURONNEE IV : deux époques, un même rôle essentiel pour les ports marchands, le bateaux pilotes.
SAINT-GILDAS
Au passage de la flottille maritime au Pellerin, les navires de Loire de la flottille fluviale ont rejoints la parade.
Partis de Mauves-sur-Loire le jeudi, cette belle flottille de toues, de gabares, de fûtreaux … a animé la Loire en amont de Nantes jusqu’à cette rencontre.
Clic sur la photo pour admirer ces beaux bateaux à fond plat.
Au passage de la parade devant Indre, toujours la même foule compacte.
Le spectacle a véritablement profité à de très nombreux spectateurs installés sur les berges de la Loire, dès qu’un petit aménagement le permettait.
En amont de Indre, passage sous la ligne très haute tension …
ça passe largement !
Juste avant lui, devant L’HERMIONE, le remorqueur avait temporairement interrompu ces jets d’eau …
L’HERMIONE et BELEM dans le dernier virage de la Loire avant Cheviré.
A gauche, juste derrière L’HERMIONE, on reconnait la silhouette du LECHALAS avec sa cheminé jaune, vedette du service des Ponts et chaussées de Nantes de 1912 à 1967.

Dernières images de cette magnifique parade en Loire.
6 heures de navigation sous le soleil, avec un petit vent d’ouest bien venu pour remonter la Loire jusqu’à Nantes.
Une organisation parfaite de toute cette journée.

Nantes en vue, retour à la maison pour le BELEM, construit dans le Bas-Chantenay en 1896.
Passage du pont de Cheviré.
L’HERMIONE, invité d’honneur de DEBORD DE LOIRE 2019 entre dans le port de Nantes et arrive en centre ville.
La suite de la flottille arrive à Nantes dans la lumière rasante du soleil couchant.

Retour au 1er article : Débord De Loire – En route pour Saint-Nazaire

Débord de Loire – L’Hermione, reine des mers

Nous voilà dans l’embouchure de la Loire, une bonne heure avant le début de la parade qui va mener toute la flottille de Débord de Loire de Saint-Nazaire jusqu’à Nantes.

Pour le moment, L’Hermione attend sagement que tous les beau bateaux traditionnels sortent du Port de Saint-Nazaire, où ils ont passé la nuit.
Pour eux, la fête a débuté hier, avec une belle parade en baie de La Baule et un superbe feu d’artifice le vendredi soir à Saint-Nazaire.

Vent arrière, cap vers le pont de Saint-Nazaire, elle avance à peine à 2 noeuds.
Pour le moment, elle navigue au petit Foc seul.
Dans  la mature, deux gabiers sont en train de déployer la voile de grand hunier.

Au bout des flèches rouges : deux gabier au travail : déployer en partie la voile de grand hunier.
(zoom sur la photo du bas de l’article http://www.atlantiqueloireetbateaux.fr/debord-de-loire-en-route-pour-saint-nazaire/)

Une vingtaine de bateaux se trouvent au large de la plage de Villès-Martin, tournant autour de L’Hermione … pas facile de prendre une belle photo pour le moment !
Il va falloir se faire une p’tite place pour l’approcher et pouvoir l’admirer de près.

Face à Saint-Nazaire.
L’Hermione vent arrière, petit foc déjà au vent. Voile de grand hunier en cours de déploiement.

Après avoir l’avoir croisée, un demi-tour et nous tentons de nous approcher sur son arrière …
plus aucun bateau devant nous, la voie est libre pour simuler un abordage “cordial” par le travers bâbord arrière …

Cliquez pour l’admirer …

… elle s’offre à nous dans toute sa splendeur.

Proue de L’Hermione

La proue est flanquée d’une superbe statue de lion.
Lors de la construction de la frégate, la question de la statue de proue a été épineuse car il n’y avait aucune trace ni représentation de la proue du navire d’origine.
Il a été décidé de faire sculpter un lion (conformément à certains écrits de l’époque), tenant entre ses pattes un blason avec trois fleurs de lys (comme présenté à la poupe).
Comme le veut la tradition maritime, le lion a la gueule fermée car la frégate a été construite en période de paix.

Le soleil vient honorer les vives couleurs du tableau arrière.
Cliquez pour l’admirer …

A la VHF, on annonce que le BELEM sort de l’écluse du port de Saint-Nazaire, toute la flottille va donc être réunie pour commencer la parade.

L’Hermione sort donc un peu plus son grand hunier et prend la direction du chenal sous le pont de Saint-Nazaire.

Depuis le pont, on envoie un peu plus la voile de grand hunier.

Avec la mise en place de la flottille pour la parade, le navire de service qui ouvrira la marche se met en place : le remorqueur “Le Croisic” de la Sté Boluda sera en effet en tête de parade et on peut dire qu’on le verra de loin !

Saluant l’arrivée de L’Hermione, il active ses lances de lutte contre l’incendie …

… et remonte progressivement les jets d’eau …

… jusqu’à créer une haie d’honneur à L’Hermione !

Le Belem arrive sur zone.
Le flottille va pouvoir se mettre en ordre de marche vers Nantes.

L’Hermione, à l’ombre d’un nuage, continue d’avancer vers le pont de Saint-Nazaire.

Cliquez, pour en profiter pleinement …

Derrière les deux voiliers de légende, suivent le grosses unités de voilier traditionnels présents pour la parade :
Corentin, Biche, Marie-Fernand et le Saint-Michel II.

A suivre … Debord de Loire – La parade vers Nantes

Débord de Loire – En route pour Saint-Nazaire

Nous voilà enfin arrivés à fin mai !
Toute la préparation du bateau ces dernières semaines n’était dédiée qu’a cette superbe fête nautique. Il était important d’être sur l’eau.

Le bateau est en effet inscrit à la fête, il participera à la remontée de la Loire en flottille avec plus de 100 bateaux.

Cette grande parade de Saint-Nazaire vers Nantes, derrière l’HERMIONE et le BELEM, promet d’être grandiose !
Par contre, il nous faut rejoindre la zone de départ, face à l’entrée ouest du port de Saint-Nazaire : 30 milles à parcourir (55km) en ce samedi matin.

Trajet du matin : rejoindre Saint-Nazaire, 30 milles sur la Loire.

Départ du ponton Belem vers 10h30, pour profiter du courant de marée descendante.

Passage devant l’escorteur d’escadre Maillé Brézé, musée naval à Nantes.

A bord, l’excitation du spectacle qui nous attend lorsque nous passerons le pont de Saint-Nazaire … dans 4heures au minimum … est déjà palpable. A moins que ce ne soit que le plaisir de se retrouver sur l’eau.

Les 4 heures qui suivent sont bien calmes.
Pratiquement seuls sur la Loire, nous voyons défiler les communes de La Montagne, Indre, Couëron et Le Pellerin.
Puis, mis à part la centrale de Cordemais, ce sont pratiquement 30 kilomètres de berges sauvages et de marais jusqu’à Paimbœuf, sur la rive gauche puis les premiers quai du port de Donges, rive droite.


Pour matinée, l’eau sera boueuse … et le ciel bien sombre !
Des éclaircies étaient prévues, mais elles seront bien rares avant l’arrivée des deux géants face à Saint-Nazaire.

En route sous une éclaircie.
Non, ce n’est pas l’Amazone … juste la Loire, notre beau fleuve encore sauvage.
Clic sur la photo pour en profiter pleinement.

Comme toujours à bord, le vent dessèche les marins.
(c’est à lui que l’on doit l’étrange mèche rebelle du capitaine !).
Il faut donc toujours bien s’hydrater …

15h10, le pont de Saint-Nazaire est passé, nous longeons le port et devant la plage de Villès-Martin, l’Hermione attend sagement son compagnon de route.
Le BELEM est en effet encore dans le port et attend son tour pour passer l’écluse.

L’HERMIONE, face à Saint-Nazaire.
Réplique de la Frégate de 26 canons construite en 1779.
Longueur hors-tout : 66 m
Largeur : 11 m
Hauteur du grand mât : 56,5 m
Construite de 1997 à 2014 à Rochefort-sur-Mer.

Cette première vue de l’HERMIONE est saisissante.
Quelle hauteur de mâts !
Quelle allure avec son beaupré ainsi dressé vers l’avant !
Il ne nous reste plus qu’a approcher pour l’admirer de plus près.

A suivre … Debord de Loire – L’Hermione, reine des mers

Savoir ce que l’on veut, ce que l’on doit chercher…

Comme vu dans l’article précédent, il faut du temps pour ce décider … mais cette fois vous y êtes !

Pour ma part, cette décision a été prise en juin.
Ajoutons par ailleurs que ce sera un voilier.
Même si par la suite je parle de bateau, cela sous-entendra que je parle d’un voilier.

Comme vu dans un autre article (La mer et moi … voici mon histoire), dans mon cas, l’achat d’un bateau était évident depuis que mes parents avaient vendu le leur.
Je savais que cela arriverait.
Le temps a passé.
Des années à y penser de temps en temps. Plus ou moins sérieusement.
Des années … disons pas loin de 15 ans …

Maintenant on passe au projet d’achat.

L’époque étant ce qu’elle est, internet permet d’avoir accès à la totalité du marché du nautisme.
Que ce soit les modèles neufs ou les modèles d’occasion.
Mais à peine a-t-on pris la décision de passer du mode « envie » au mode « achat » : on se trouve confronté à un nombre de questions croissant au fur et à mesure que l’on s’interroge et qu’on avance dans la réflexion et dans les tentatives de pré-sélection des annonces.

Acheter un modèle neuf ou acheter un modèle d’occasion ?

Dans le monde de consommation dans lequel nous sommes, il faut bien accepter que les choses neuves aient un prix, et ces mêmes choses d’occasion ont un autre prix, inférieur le plus souvent.
Là je suis véritablement trop fort !!!

Mais, contrairement au monde de l’automobile, un voilier, ça ne perd pas 50 % de sa valeur en 2 ans, pour ne valoir que des clopinettes après 10 ans.
C’est dommage pour le portefeuille de l’acheteur … mais c’est tant mieux pour le vendeur … et cela est le signe que vous pourrez profiter de votre bateau durant un grand nombre d’années !

Mais pour autant, dans le nautisme comme ailleurs quand on parle de commerce … le monde de l’occasion est un vrai paradis … ou dans de rares occasions (si je peux me permettre …) un terrible enfer !
Toujours est-il qu’il faut être vigilent pour ne pas se faire pigeonner !

Sur des cas extrêmes, on trouvera de vieux trucs dans un sale état à un prix exagéré. Pas compliqué de recouvrir de résine/gelcoat une délamination de bois, ou de refaire une peinture sur une coque rafistolée.
Mais ces cas là, en y regardant bien, on peut tout de même les détecter.
Disons qu’au-delà d’une certaine taille (et donc d’un certain prix) il ne faut pas hésiter à faire intervenir un expert.
Sachant qu’une expertise sera demandée pour une assurance tout risque.

Par contre, cela peut aussi être un paradis car, pour un même prix d’achat, vous pourrez avoir par exemple, un bateau neuf de 10 m, mais également toute une ribambelle de modèles d’occasion de 10 m à 25 m, simplement en fonction de l’âge du bateau et des équipements … et donc aussi en fonction de son état.

Quelques pieds de plus pour quelques années de moins …cela laisse entrevoir des belles navigations, mais aussi des décisions drastiques dans les critères de sélection … et le plus dur sera de s’y tenir.

Sur un bateau neuf :
Vous pouvez facilement payer 30 à 40 % de plus que le prix de base en ajoutant certaines options (pack électronique complet, taud, pont en teck, voiles spécifiques …)
Cela amènera donc un prix d’occasion variable pour un même modèle d’une même année suivant l’équipement.
Côté moteur, suivant son âge (indiqué en heures) et son état d’usure (difficilement vérifiable) cela aura également un impact important sur le prix du modèle d’occasion.

Donc autant dire que le choix neuf / occasion se fait dans votre tête, en fonction de vos attentes et de votre mode de fonctionnement.
L’achat du neuf se passe avec un concessionnaire que vous posera des questions, sans pour autant que vous vous posiez des questions … ce qui n’est pas forcément bon non plus !
Dans le neuf, vous achetez un beau bateau brillant, au top de ce qui se fait dans le domaine du nautisme (confort, volume, finitions, équipements …), sans soucis car il y aura la garantie !

Dans l’occasion, vous pourrez vous offrir au moins aussi bien, plus grand, mieux équipé … mais d’occasion et vous seuls devrez gérer les choix qui guiderons votre achat.
Si besoin, faites-vous accompagner d’un brocker qui fera la recherche selon vos critères. C’est un confort car ils prennent en charge toute la recherche et l’analyse du marché, jusqu’à la sélection de quelques annonces, étapes qui prennent le plus de temps.

DANS LA PRATIQUE

Prenons par exemple un 36 pieds d’une marque réputée :
Caractéristiques :
Longueur hors-tout : 10 m
Longueur flottaison : 9 m
Longueur coque : 9,99 m
Largeur : 3,50 m
Poids lège : 5,5 tonnes
Poids lest : 1,5 tonnes
Tiran d’eau : 1,90 m
Moteur : 19 cv
PRIX NEUF en 2018, à partir de 105 000 € avec équipement de base.

Le même modèle d’occasion, mais avec équipement variable :
2006 : 59 000 €
2007 : 49 000 €
2007 : 60 000 €
2010 : 72 000 €
2010 : 85 000 €, avec toutes les options, donc beaucoup mieux équipé que le neuf !

Mais pour 60 00 euros, vous pourrez également avoir une belle unité de 12 m, de 1995.
Et pour moins de 5 000 euros, vous pourrez acheter un beau modèle comme un kelt 7m ou un vieux First 22.
Avec lequel vous pourrez bien vous amuser, naviguer à la voile, faire de très belles sorties en mer entre copains ou en famille et en apprendre beaucoup !

Bref, il y en a pour toutes les bourses, toutes les envies, tous les projets !

Et ouvrez bien grandes vos oreilles …
A mon avis, dans le domaine du nautisme, pour l’achat d’un bateau, ce n’est pas le prix qui est le premier critère !

PASSONS AUX CHOSES SERIEUSES.

Dans la chronologie de la réflexion, deux étapes préalables importantes :

la cible et le budget

ETAPE 1 : définir la cible

Les principales questions à se poser avant d’attaquer la recherche d’un bateau, neuf ou d’occasion, est de définir sa cible. Le « type de bateau »

Commençons par la taille.

Comme vu ci-dessus, pour une même année de construction, le prix d’un bateau … dépend grandement de sa taille …

… et sa taille, détermine souvent le volume habitable.

Ce volume habitable détermine quand-à lui la capacité d’embarquer 2,4, 6, 8 ou 10 personnes dans un confort plus ou moins important.

Par ailleurs, chaque bateau est prévu pour un nombre de personnes maximum à bord (inscrit sur la plaque d’identification), et cela indépendamment du nb de couchettes.
Pour les sorties en croisière, sur plusieurs jours, il faut en effet avoir suffisamment de place dans le cockpit ou sur le pont pour tout le monde. Suivant l’état de la mer, parfois personne ne souhaitera rester à l’intérieur !

Pour ce qui est du volume habitable, il y a déjà la taille du carré (même si on n’est pas obligé de manger « à table » durant l’été !) ainsi que la question des couchettes suivant que tout le monde dort dans une cabine ou que 2 ou 3 personnes dormirons sur les banquettes du carré.

Tous ces points vous vous donner déjà une idée de la taille du bateau qu’il vous faut.
Car entendons bien : il y a une différence entre le bateau qu’il vous faut et le bateau que vous souhaitez … ou que vous souhaitiez au début !

En complément, pour identifier la cible il faut réfléchir à son utilisation future : quel programme de navigation souhaitez-vous faire avec votre futur bateau ?

Car cela aura nécessairement un impact sur la taille du bateau.

Une sortie avec 4 personnes à la journée sur Houât au départ de La Turballe (19 milles) ne se fait pas nécessairement sur le même bateau qu’une croisière à 4 aux îles Scilly ( 183 milles) pendant 10 jours.

Donc le programme de navigation sera du type :

  • Sorties à la journée, plage, ile, pêche sans dormir à bord.
  • Sorties à la journée et potentiellement quelques nuits à bord sans nécessité d’avoir du confort (les ports étant équipés de sanitaires, restaurants, bars … on peut être en bateau comme on vient en camping avec juste un petit igloo)
  • Croisière côtière de quelques jours, nécessité d’avoir de quoi cuisiner, se laver
  • Croisière côtière > une semaine : il faut ajouter un peu de volume pour la vie de tous les jours, rangements (vêtements), place pour les jours de pluie où tout le monde doit s’occuper sur sa couchette ou dans le carré …
  • Croisière hauturière : là, on est à la limite du voilier habité … vous restez à bord 3 semaines ou plus. En termes de rangement, de matériel complémentaire, il faut de la place. En outillage et matériel d’entretien du bateau par exemple. Mais aussi en confort des voyageurs.

Suivant votre choix dans cette liste, cela aura à nouveau un impact sur la taille du bateau.

En effet, qui veut voyager loin … doit veiller à son confort … et à celui de ces matelots.

Autant le capitaine passionné est capable de faire abstraction d’un certain confort, juste pour le plaisir d’être en mer, autant ses enfants, sa compagne, ses amis ne sont-ils pas nécessairement dans le même « trip » (même s’ils sont sur le même voyage …) et peut-être attendent-ils un peu plus de confort.

Donc à partir de là on commence à avoir une bonne idée de la taille du bateau et de son confort minimum : quelle capacité d’accueil en nb de personnes et en nb de cabines / nb de couchettes.

Ce qui permet d’avoir un premier critère de sélection des bateaux :
jusqu’7m
8/10 m
10/12 m
ou 15 m et plus …

ETAPE 2 : DEFINIR LE BUDGET

Il faut bien arriver à définir un prix !

Neuf ou occasion, il faudra choisir.

Bateau neuf

Déjà, vous avez défini une fourchette pour la taille de bateau.

Un rapide tour du marché permet de connaître la gamme de prix dans le neuf, chez les grandes marques ou les chantiers à diffusion plus restreinte.

C’est là qu’il est très intéressant d’avoir un magazine listant tous les modèles des chantiers nautiques européens ou du moins vendus en France.

Que ce soit le périodique Voiles & voiliers ou Bateaux d’avant salon nautique de Paris (parution en novembre chaque année : à dispo si besoin, contacez-moi) : tous deux présentent un très bon récapitulatif des modèles neufs existants, construits par tous les chantiers … du globe, ou du moins d’Europe !

L’avantage : vous avez accès à tout ce qui se vend ou presque.
Vous pouvez donc sortir des mastodontes de la construction navale de plaisance que sont Jeanneau, Bénéteau, Hanse, Dufour, Bavaria pour découvrir un très grand nombre chantiers proposant de belles unités.

Ainsi, vous aurez un panorama des bateaux entrant dans votre cadre, avec le prix de base indicatif.
Pour rappel, il est très facile et même parfois obligatoire selon les chantiers d’ajouter 20 à 30 % au prix affiché en ajoutant certaines options parfois indispensables (Kit électronique, pont latté, kit voiles, kit eau chaude si vous naviguez en croisière vers le grand nord ou toute l’année en Bretagne …).

Bateau d’occasion

Si vous vous tournez vers l’occasion, sachez tout de même qu’il vous faudra avoir une idée du prix du neuf avant de vous lancer.
Cela vous évitera un premier écueil !

Pour commencer, merci internet, parcourez une cinquantaine d’annonces de vente de bateau, sans critère de marque pour le moment, mais correspondant à la taille que vous avez sélectionné et en s’assurant qu’ils sont bien équipés pour le nombre de personnes recherché (nb couchettes) et le programme de navigation (cuisine …).

A partir de cette liste, en retirant si besoin les extrêmes (épave à vendre ou bateaux neufs dans la mauvaise catégorie du site d’annonce …) tirez-en une moyenne de prix.

Avec ces prix moyens du neuf et de l’occasion : interrogez-vous sur le budget que vous prévoyez de mettre. Soyez honnête, il y a nécessairement une fourchette maxi prévue pour cet achat !

Deux exemples :

Si un montant de 140 000 euros en neuf avec équipement vous semble correct, dans ce cas, fixez vous ce budget et lancez-vous dans l’étape proprement dite d’analyse détaillées des modèles du marché.

Gardez en tête qu’à ce prix, sur le marché d’occasion, vous pourrez avoir un bateau dans la taille au-dessus, ou totalement équipé pour la grande aventure. A vous de voir si vous souhaitez revoir votre cible …


Si votre budget tourne autour de 75 000 euros en bateau d’occasion, passez à l’action et prenez un cahier, des stylos, des feutres ou mieux encore un tableur et c’est parti pour la plus passionnante de chasses au voilier d’occasion.

ETAPE 3 : ON SE LANCE, ANALYSE DES OFFRES

A partir de vos critères TAILLE + PRIX déjà vu plus haut, vous allez vous lancer sur le marché (du neuf ou de l’occasion, suivant votre choix) pour une passionnante analyse !

Durant ces quelques mois, vous allez approfondir l’analyse de certains modèles, détailler le contenu des offres, les équipements …
Il vous faudra vous déplacer pour voir sur place, faire un essai … toute une activité bien plaisante … mais aussi bien prenante !

En parallèle des réflexions permettant de définir la taille et le budget du futur bateau, il y a les personnes qui savent quel modèle de bateau ils souhaitent acheter. Ils hésitent peut-être entre 2 bateaux, mais n’imaginent pas en choisir un autre.
Cela n’a pas été mon cas … et je me retrouve à ce jour avec un bateau … dont je ne connaissais même pas le nom mais totalement ravi de cette découverte faite grâce à l’analyse des annonces de bateau d’occasion.

C’est un des avantages du marché de l’occasion : vous allez pouvoir choisir parmi des dizaines de modèles, sortis ces 10 ou 20 dernières années !

L’analyse des annonces de bateaux d’occasion ou le tour des chantiers avec leurs centaines de bateaux à sec en dépôt-vente sera une mine d’or pour découvrir ce qui existe !
Et cela n’empêche pas de se raccrocher à quelques modèles réputés, puisqu’ils apparaîtront en plusieurs exemplaires dans votre sélection taille-budget.

Donc à partir de vos deux critères BUDGET + LONGUEUR, vous arriverez à identifier une liste de quelques dizaines de modèles qui reviennent sur tous les sites d’annonce sur internet.
Je conseille de faire un tableau descriptif contenant toutes les caractéristiques de ces différents modèles sélectionnés.
En effet, pour un même modèle, les annonces ne contiendrons pas nécessairement les mêmes informations. Il est donc important d’avoir toutes les informations.

Pour ce faire, il suffit de se rendre sur les fiches bateaux des sites comme Voiles & voiliers ou Bateaux.
Avec des milliers de modèle en fiche, vous découvrirez les vraies caractéristiques de chaque modèle.
Parfois, une façon de découvrir que le vendeur “se trompe” de 15 cm sur le tirant d’eau ou annonce un bateau rajeuni de 2 ans !!

Cela permet aussi de pouvoir comparer les caractéristiques de tous les bateaux sélectionnés, là où les vendeurs ne donnent parfois que peu d’informations.


A suivre … par l’exemple avec la recherche de mon propre bateau.
Article “Epluchons les annonces !”